Mercredi 23 septembre 2009

Contribution à l’inexprimable

 

 

 

 

Un mystère, un secret, un voyage... Ailleurs.

Vous y serez, vous y êtes, devant ces oeuvres... A vous d’y entrer ou de tenter d’oublier ces mondes étranges.

Pour moi, cet univers-ci, cette réalité comme on dit, avec ses carrés aux angles trop droits, avec ses creux cubes blottis entre les artères agglomératoires, clapiers à humains et quotidien morose de la peur, je ne les ai jamais aimés.

Alors j’ai détruit l’univers et je l’ai recréé, alors, dans des moments de transe folle, ce fut comme si j’ouvrais des portes et que j’accomplissais, par la remise en cause radicale de toutes formes, un voyage interdimensionnel, un voyage vers les lointains intérieurs qui sont peut-être les confins de l’univers, utilisant une sorte de malédiction cosmique comme moteur déterritorialisant, hyperespace et ultra temporalité...

Rions de cela.

Ces dessins, ces oeuvres, ces aquarelles, je les ai produites avec mon coeur, et si vous le voulez, vous pouvez, vous aussi, choisir cela .

 

 

 

Y mage Y nation

Par Stéphane
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Samedi 29 août 2009

Pensée pour une inconnue

 

 

 

 

Pensée pour moi pensée pour elle pensée pour l’impossible pensée dont on se souviendra pensée de l’impossible présent dépassé toujours dépassée en cours pensée de la perte pensée de l’émotion pensée du regard de l’autre pensée pour rester rester rester alors que le temps contredit cela pensée de l’écriture pensée de l’impossibilité de l’écriture.

Pensée pensée pensée qui ne parvient pas à cesser pensée qui se retourne non pensée pensée à cela pensée de la dissociation affective. Pensée due à l’impossibilité due à la dissociation affective pensée du malheur. Pensée de la charge dun malheur. Pensée du fatum pensée de la marche du fatum pensée pensée pensée pensée qui ne peut s’empêcher de penser. Pensée. Pensées pour vivre. Pensées qui ne peuvent pas se soustraire de vivre pensées pour ne pas vivre pensées pour se consoler de ne pas vivre. Pensées.

Pensée pour attendre pensée écriture pour qu’il ne sa passe rien et que dans cette ouverture pensée pour ne pas penser --------- pensées ------- et rien -------- pensées qui ne pensent plus pensées qui se heurtent à l’aporie de la pensée pensées inutiles sauf pensées du sauf pensées du pas sauf pensées pour parler alors qu’il est impossible de parler pensée du regard mais que faire d’un regard pensée de la fécondité pensée de l’infécondité une situation purement imaginaire d’attente infructueuse pensée du s’il vous plait chaque évènement micro évènement échec minuscule pensée de l’infra temps pensées à toute vitesse, pensées pour un oui pour un non, pensée qu’il faudrait pourtant lâcher, mais qu’on ne veut pas lâcher, pensée du défi, du risque, du risque à ne pas risquer, du risque à ne pas défier le défi. Pensées inutiles peut-être pensées à toujours être là.

 

Avant -> pensées qui cherchent le présent pensées impossibles impossibilité tenue soutenue à la fin perdue fatalité jouer la fatalité.

Pensées pour se libérer.

Pensées pour expérimenter comprendre pensées pour avancer ou ne pas avancer pensées pour suivre le mouvement de l’horloge. Pensées pour écouter pensées pour imaginer pensées pour jouer pensées pour ne pas jouer pensées pour contempler et, dans l’impuissance admirer l’impuissance même de la pensée qui contemple et joue. Pensée plus loin pensée de la multitude des millisecondes pensées pensée du temps des battements du temps pensée des battements du coeur pensée de la latence pensée du vide du vide qui appelle pensée de l’appel du vide.

------ impossible pensée de l’impossible (déjà dit) pensée d’un moment d’un moment tenu, même pensée d’un reste.

Imaginer des scènes : « Je n’ai rien à vous dire mais je voudrai parler » « excusez moi de vouloir vous parler même si je n’ai rien à vous dire » « excusez moi je voudrai vous parler mais je n’ai rien à dire » « excusez moi excusez moi excusez moi »...

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Pensée d’un être de la négation pensée d’un être pas dépassé.

Pensée. bye.

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Pensée d’un changement de place. Pensée d’une animale dissimulation pensée d’une histoire qui imaginée pourrait mal tourner.

Pensée de la tragédie pensée du mécanisme de la tragédie mécanisme

Pensée que s’il ne se passe rien quelque chose s’est tout de même passé, au dessus du rien pensée d’au dessus du rien, pensée du presque rien. Souvenir d’un regard. Impression d’un regard. Regards qui se croisent et ne peuvent pas parler pensée de l’impossibilité pensée de la causalité.

Pensées.

 

Pensée que c’est mieux comme ça, derrière la barrière de verre. Pensée que c’est insupportable, pensée d’être l’insupportable la fatalité de l’insupportable. Pensée que cela devait être ainsi. Pensée du retour. Pensée du retour pensée à quoi bon penser il aurait fallu être pensée de l’impossibilité de l’être pensée qu’elle va refuser pensée que son regard m’a troublé pensée de lui dire pensée de pourquoi ne pas lui dire. Pensée du don pensée de lui donner essayer risquer cela.

Imaginer comment cela pourrait tourner... en couilles... comme d’habitude.

Imaginer imaginer imaginer le pire risquer le pire pensée risquée pensée qui ne prend pas de risque pensée que je dois prendre un risque pensée pensée pensée pensée pour elle encore elle mais troublée pensée du trouble pensée que je suis le trouble pensée inspiré par la suppression du trouble. Pensée un acte à venir finir la bière et donner l’image. Pensée que je puis ou pas donner l’image. Pensée du destin. Finir essayer. Pensée qui s’éternise pensée qui doit s’arrêter.

Pensée qui ne peut pas s’arrêter qui doit trouver le courage le courage pensée de la pensée négative pensée de la possibilité générée par la pensée négative....

 

 

RISQUE

Pensée d’une soirée à rêver pensées pour la regarder elle, l’inconnue pensée pour ne pas l’oublier pensée qui n’a pas voulu l’oublier.
Par Stéphane
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Lundi 24 août 2009

V

Art poétique V

 

 

 

Dessiner, écrire, c’est toujours réaliser ma relation avec la vérité. Etre est aussi cela.

 

Ce qui importe est ce que je fais avec la violence, avec ma propre violence, sans doute, mais aussi avec une violence qui viendrait de l’extérieur. Cela je ne l’accepte pas.

 

C’est pourquoi je me suis toujours efforcé, j’ai toujours été amené à exprimer un certain désaccord, finissant par avoir la folie de croire que la résolution de cette violence était possible.

 

Voila ma recherche, voici le résultat.

 

 

 

Y mage Y nation

Par Stéphane
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Samedi 15 août 2009

Une explication de la psychose

 

(La forclusion du nom du père)

 

 

 

Imaginez que vous vous appeliez Y. Dans ce cas, votre nom, Y, est le nom de votre père, vous vous appelez Y parce que vous êtes le fils (ou la fille) de votre père, monsieur Y, lui-même fils d’Y etc. : vous êtes votre nom, vous êtes le nom de cette lignée, Y. (J’aurai pu dire Dupont, ou Durand, ou Rossi, qu’importe !, vous avez hérité de votre nom ).

Or, imaginez encore, que pour une ou des raisons, que par un ou des faisceaux de présomptions (conscients ou inconscients, surtout inconscients !), vous en veniez à douter de votre géniteur.

Dans ce cas, si Y n’est pas votre père, alors votre nom n’est pas Y mais la variable X, vous êtes tout le monde et vous n’êtes personne car, dans ce cas, vous ne savez plus comment vous vous appelez, vous n’avez plus de nom.

La conséquence de la perte du nom, de l’incapacité à assumer son nom (le nom du père), est l’effondrement de l’identité (qui est le nom), et l’entière indécidabilité du langage aliéné, car, sans un nom qui l’assume, le langage devient autre, délirant, et la panique, la psychose et le langage incohérent sont des conséquences de la personnalité d’un sans nom, d’un à l’identité innommable. Il se cherche un nom, il cherche une cohérence mais cette cohérence est étrange, patchwork de l’incohérence mondaine, celui là cherche à retrouver son un (alors qu’il est zéro et infini) dans le tous, dans l’identité de tous, dans l’incohérence de tous, de tous ceux qu’il a connus, entendus, il est aliéné, celui-là qui a perdu son nom, qui ne sait plus se reconnaître. Mais comment s’appelle-t-il ?

Son moi n’est plus la somme de ses identifications, mais les additions, bout à bout, les fractions, morceaux et morceaux, les divisions des ententes entendues : les voix, les multiples multiplicités...

Etrangement, le délire est peut être le miroir le plus réel de l’incompréhensible présent : ce monde ; un pont entre l’humain et l’animalité, un sursaut de la vie, désespérant peut-être...

Radical sans doute...

Par Stéphane
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Mardi 3 mars 2009

Art poétique IV

 

 

 

Il y a une nature pour l’esprit aussi. Découvrir cette nature est dans la possibilité de tous mais pas dans la tendance de tous. La nature aime à se cacher.

Exprimer, dire, n’est-ce pas cela : poser la « réalité » et nier l’ « irréalité ». Faire barrage à l’indicible, au hasard, au manque, en un mot nier l’angoisse par laquelle être est lié à la possibilité de non être, par laquelle nous craignons la mort, l’inconnu, l’inconscient, tout ce qui pourrait échapper à notre maîtrise, à sa retenue, à sa saisie, à la prise de sa compréhension. Bref, à son travail.

Et voici ce que l’on n’aperçoit pas, ou que trop rarement : que le travail est d’abord travail de la négation : de l’indicible, de l’insignifiant, de tout l’imperceptible de la nature, et qui constitue sa plus grande part, quand la connaissance a arrêté son savoir à la limite de l’utile, de l’exploitable, et du compréhensible.

Mais la vie vivante est transcendante, sa relation avec l’univers, absolue, et donc sa complexité, son mystère, infinis.

Le savoir, le discours arrête cela et le défini s’oppose à l’infini de la même façon que notre civilisation est la négation par le travail, la négation qu’est le travail, de la nature.

La situation est critique, et le danger réel.

Impuissant à y remédier, incapable d’agir, presque de parler, revenu des mots et de leurs effets, jamais comme toujours vérité, mot inexact, de surcroît dangereux et presque toujours séparateur. La vérité, comme le travail, tranchants, ne laissent pas la nature entière.

Et l’oubli est inévitable.

Une histoire, la vanité qui s’est mise à refuser toute certitude, la vanité, la peur, venues à contester tout le savoir humain et l’oeuvre de son travail : « vous n’êtes que des découpeurs », s’est mise à oeuvrer.

Peu de plan, peu de projet, peu de volonté, à la limite où l’oeuvre, de justesse, échappe à la non oeuvre, un travail de restitution du hasard mystérieux crée.

Une révolte de la nature oubliée criant : « je suis, je suis, et la présomption de votre négligence me blesse... », nature réifiée, nature tuée à coup de natures mortes.

Autre chose : des couleurs, au hasard, des traits, dans la transe de ce hasard mais restituer l’indicible, restituer l’incompris, restituer le mystère.

A la limite, pas une oeuvre, indescriptible, techniquement non technique, mais le don le cœur d’un qui ne savait plus que rendre l’image de son ignorance, espérant le petit avantage de l’entièreté de l’ignorance sur la division du savoir.

Restituer la nature.

Restituer la nature de l’esprit.

Par Stéphane
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Mardi 12 août 2008

On fait avec ce que l’on a. On va avec ce que l’on est.

Le désavantage de l’incohérence est qu’elle a partie liée avec le chaos. Or le chaos est lui-même l’absence de liens entre des éléments épars. Ou bien les liens existent mais leur nature en est énigmatique.

Comment ressaisir cela?

Plus que des mots, une image, pièce musicale de couleurs, traits et formes colorées ayant été posés à la faveur d’une danse, le pinceau partitionnant les teintes.

Quelque chose s’exprime là, et l’image appelée par des raisons mal identifiées, ou bien l’angoisse, qui passe par le temps qui passe, la solitude, la présence sur fond d’absence.

Ces dessins sont une représentation de l’absence, et jouent contre l’autre représentation de la présence du réel, la copie, qui achève le réel représenté : photographies, portraits ressemblants où la ressemblance vole l’essence au sujet qu’elle a pris, au tournage, en photo, il y a là une provocation à n’être que cela, cette cristallisation de ce moment là, par ce regard là, l’oeil de l’appareil, tenu par son utilisateur, activé par son regard producteur d’une image finalement à vouée à représenter ce qui n’est plus. Devenir une archive.

Spectralisation du monde, à vouloir ressaisir la vie la représentation l’a immortalisé dans la mort. Cela devient à disposition, et ce qui reste de vie dans ces représentations, vaudra pour l’absence de ce que croit voir le regard.

Représenter l’absence revient à retourner le miroir contre le regard de la méduse de la représentation copiste, et qui façonne tous les miroirs aux alouettes, alors miroir contre miroir et que du miroitement réflexif jaillisse une résonance... Aveuglante peut-être, mais il y a là une compréhension nécessaire.

Ici, rien de réel ou bien le réel n’est pas dans le représenté (cela n’existe pas), mais dans le représentant (l’image en tant que telle), et ainsi cette image échappe au re provocateur, usurpateur, car si elle emprunte, elle emprunte au soi, et montre l’émotion au sens où c’est l’esprit qui parle à l’esprit, et, finalement, libre à toi d’y voir un mystère.

C’est l’entrée d’un labyrinthe, sûr qu’il t’appartient...

Par Stéphane
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Mardi 29 juillet 2008

Illumination

 

 

 

Tous nos actes relèvent de la religion, en fait d’une quadruple relation : avec le corps de soi, d’autrui, de la société, et du monde. La pratique, ou le travail, et même le simple vivre relèvent du rituel, c’est à dire de la mise en oeuvre de cette religion. Ce rituel est soumis à deux principaux impératifs : la loi (c’est sa pertinence ou moralité), qui encadre le rituel, la pratique, et émet un jugement sur l’action entreprise, la jugeant bonne ou mauvaise, la qualifiant utile ou nuisible, la récompensant ou la punissant ; et, second impératif : la foi (c’est sa performance ou crédibilité), c’est-à-dire l’adhésion qu’entraîne l’acte ou la succession d’actes impliqués par le rituel, la reconnaissance qu’il entraîne, c’est à dire son succès.

En tant que religion, l’agir humain est entièrement fondé par la croyance : d’un seul, chez l’idiot, ou de plusieurs dans une société plus ou moins restreinte jusqu’à la croyance de tous, dans la société globale de la mondialisation.

Actuellement prévaut la croyance en l’argent qui implique que chaque production produite par la pratique, extraite dans un rituel de sacrifice, de temps en premier lieu, puis de matière minérale, végétale ou animale, que chaque production de produit due à une quelconque extraction, aura pour équivalent la monnaie, l’argent qui n’est qu’une matière dans son ancienne métaphore, mais qui représente plus précisément le chiffrage de ce sacrifice, la néantisation de cet acte rituel de sacrifice, finalement l’équivalence généralisée de tous les sacrifices sous le signe de la mort, car la chiffre de l’argent n’a jamais rien représenté d’autre que le chiffre de l’oubli de ce qu’il fallu comme sacrifice pour obtenir ce chiffre. On ne sais que très rarement ce qu’il fallut comme actes pour produire le produit.

C’est pourquoi l’argent est lié au travail entendu comme peine, c’est pourquoi l’argent est lié au désir entendu comme volonté et comme jouissance, c’est pourquoi l’argent est lié à l’oubli, entendu comme destruction irresponsable (qui ne peut pas être réalisée) du monde.

L’argent est bien l’excrément du Diable.

Et la religion de la croissance est la religion de l’excroissance de ce cancer écologique et social qui avale le corps vivant de ce monde, la vie vivante de la terre pour la cuisiner en tant que produit et l’excréter en tant que poubelle.

Le religion (de l’argent) de ce monde, et les rituels qu’elle produit ne peuvent, finalement, que créer, à la place des écosystèmes multimillénaires, d’immenses champs de détritus, d’immenses décharges de poubelles, restes d’un malentendu où la consommation du monde, où la consumation de la vie, fut exprimée là, au nom d’un chiffre qui a permis à tous d’oublier, grâce aux lois humaines, grâce aux lois sociales, le fond de massacre généralisé des espèces, le fond de biocide généralisé de l’activité humaine, l’empoisonnement généralisé ; la grande vérité étant que la religion contemporaine est la religion de la mort.

Car si finalement le chiffre ne dit rien qu’un pouvoir, il fait passer le monde au pouvoir du rien : le chiffre de la monnaie est le nihilisme absolu... Et la banqueroute, inévitable.

Elle est d’ailleurs déjà bien avancée... Et sa finalité, la fin de son processus est inévitablement la destruction du monde, ou une nature intégralement produite, ce qui est incontestablement une catastrophe, car quoiqu’on pense de l’intelligence humaine, elle est ridicule et dérisoire en regard de l’intelligence de la nature, et elle conduit, luciférienne, à la catastrophe, sans le moindre doute possible.

L’extinction des espèces vivantes n’est pas un accident. Plutôt la conséquence d’une foi dans l’ombre. Le « numéraire » est cette ombre qui menace intégralement la vie.

Par Stéphane
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Mardi 29 juillet 2008

Brusquement tout devint absurde et insensé. Non pas. Cela ne se fit pas brusquement, cela faisait bien longtemps que tout était devenu absurde et insensé, depuis sa naissance en fait.

Tout, c’est-à-dire l’infini, l’imprononçable d’une énumération par Dieu seul entendue.

Mais cela n’était pas suffisant, cette grouillante vie grouillait ailleurs, grouillait dans la possibilité et même l’absence, - je ne pouvais le penser, et c’est cela qui rendait effrayant tout, tout l’autre tout -, du scandement des battements de mon propre coeur.

Et autour, éployés en déshérence ce tronc, ces jambes, cette main qui trace ici, avec son bras et la distance de la tête, le vide du regard et l’autre bras et l’autre main, inutiles.

Je, c’est-à-dire nul, corps aboli à force d’inutilité, au centre d’un cri ou appel qui se présente comme la souffrance à l’état pur, la source des larmes.

 

La virtualité d’un déluge de larmes sur un simple signe.

Par Stéphane
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Dimanche 13 juillet 2008

Sursaut

 

 

 

 

La réalisation que je suis perdu est acquise. Je lutte contre la mort, je lutte chaque jour contre l’angoisse de la mort et contre celle du danger en général, blessé par l’inexplicable de toutes ces histoires, blessé par les ravages de l’histoire, et par ce dieu qu’on n’a jamais vu, incompréhensible, et dont la preuve ou la foi n’a jamais été qu’une alternative.

Je me retrouve aussi submergé par des fantasmes, érotiques, exotiques, le désir d’ailleurs ou la sortie d’un soi, place vide et intolérable qui ne se comprend qu’avec autrui, alors que seule, amas de ruines qui font et qui ne font pas sens, toute l’incompréhension du néant, corsetée par des certitudes démontables, des on-dit partagés mais qui ne tiennent pas, toute l’ombre d’un discours qui porte avec lui son beau cortège d’ignorance, c’est cela la vérité, jamais toute, grotesque cela, tourbillon d’hilarité et d’horreur.

Comment jouir ? Comment espérer ? Comment revenir d’un monde à soi qui porte blessures et souffrances, comment vivre, lorsque l’agression, la vitesse, la vanité et le bruit assaillent, sans aucune cesse, l’être intérieur qui est joie et pure béatitude.

Quelque chose crie, dans cette civilisation : tu ne seras pas.

Ressentiment. Et pourtant cela est : voilà l’échappatoire. Ces mêmes mystères de la mort et de l’infini révèlent, en miroir, un mystère plus grand encore, puissance énigmatique de la vie dont le pouvoir, sans doute, reste incompris, mais qui déployant ses possibilités, ses forces, accomplit cela, car, même si cela ne doit pas être, cela est. L’échappatoire.

Par Stéphane
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Dimanche 20 avril 2008

Je ne peux sans cesse repousser l'idée de mort car je suis mortel.

Cette mortalité est une part de mon être en ce point qu’une partie de la vie, de l’être, et de l’univers, ne me concerne plus. Cette partie semble concerner uniquement Dieu, à qui je rendrai, - rendre son âme à Dieu. Débiteur de Dieu.

Peut-être est-il discutable de dire que « les morts ne savent rien » (Ecclésiaste 9-5) . Plutôt dire que c’est nous, les vivants, qui ne savons rien sur la mort et les morts, car les morts connaissent au sens où ils ont connu la mort et sont par cette connaissance ; en outre, ils ont laissé des oeuvres, ouvrages, des objets, des traces... Et par les objets, livres, paroles, ils vivent encore, c’est-à-dire que de leur vivant, ils ont laissé des signes-oeuvres qui agissent encore dans le monde, par delà leur mort.

Ainsi l’homme est le seul animal qui travaille par delà sa mort.

Le reste du monde vivant a résolu le problème de la mort par la reproduction, les cycles, l’harmonie biologique de la Terre... Et l’homme l’a bousculée, car il a résolu autrement que la nature le problème de la mort : l’objet, le signe.

L’homme a résolu le problème de la mort par le signe qui est la matérialisation du refus de la mort, mais qui, en tant que tel, est l’instrument qui la généralise, finit la vie en la définissant, chambarde les niches en les agissant, construit, agence, et sa tour de Babel s’élève jusqu’à la Lune et aux étoiles, pour fuir encore et toujours l’angoisse du néant.

L’humain est bien le lieutenant du rien. Et l’erreur vitale qu’il commet dans sa relation être-langage-chose, est la nef sur laquelle s’avance la mort victorieuse.

Que dans toutes les manifestations humaines la mort se dévoile et cesse de se cacher pour nous donner sa bénédiction, car elle est la vérité.

Qu’elle ne soit plus le prétexte de tout ce sérieux, de toute cette folie, et tout ce dédain de tout, de toute cette fatuité et sentiment de supériorité au reste, de cette négligence généralisée...

Au contraire, et par la joie, le lot commun de l’entièreté des vivants, et sans aucune détermination, discrimination, le partage du mystère universel.

Dans le recueillement pour tous les êtres, et puis soi, à la fin, à chaque fois un mystère.

Par Stéphane
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